Un cours de classe inversée en électronique pour les élèves de l’école d’ingénieur de Metz

Thierry Nowak est enseignant à l’école nationale d’ingénieur de Metz au sein du département EA ( electronique, electrotechnique et automatique).
Sa motivation pour le passage à la classe inversée provient de la volonté de trouver une alternative aux cours en amphithéâtres qui devenaient difficiles à cause de l’ennui des étudiants. Il a pu constater qu’avec arrivée des smartphones, les étudiants se sont mis à faire autre chose. Alors que dans un contexte traditionnel, le numérique peut constituer un élément parasite, la classe inversée a été l’occasion de libérer du temps se recentrer sur la relation avec les étudiants.
Le programme du cours et des activités est défini semaine par semaine.
Déroulé d’une séance :
1/ Question- réponse par rapport au travail demandé aux étudiants en préparation de la séance
2/ Temps de synthèse
3/ Travail sur à partir d’une banque de questions réalisées par l’enseignant sur lesquelles les étudiants ont travaillés en amont, puis sur des exercices complémentaires.
Evaluation : 50% examen final sur table. 50% sur l’évaluation continue : 25% examen individuel en TP, 25% examen QCM.
La volonté de l’enseignant est de sortir d’une évaluation de type compte-rendu pour les élèves. Il se pose la question d’une « évaluation inversée », de mettre les étudiants dans la situation du prof.
Outils : Moodle pour l’organisation du cours (planning + forum) et pour les QCM ainsi qu’Opale Scenari.
L’enseignant relève un changement de nature de sa posture professionnelle, plus centré sur l’accompagnement des élèves.
L’enseignant reconnait que la classe inversée est chronophage et n’enregistre pas de changement significatif sur la charge horaire, même après 3 ans de pratique. Cependant à temps de travail identique, il affirme que la nature de son travail a changé : il ne passe plus son temps à répéter la même chose en amphi, mais plus de temps à répondre aux questions des étudiants. On répète moins en amphi. 2 enseignants a le pratiquer. 2-3 collègues avec une équipe d’enseignants qui sont à l’écoute sur 80 enseignants.
Sur 80 enseignants que compte l’école d’ingénieur, il y a 3 qui pratiquent cette méthode pédagogique. Pour les autres, le dialogue reste compliqué car un changement total d’approche pédagogique n’est pas un sujet anodin.
Du point de vue des étudiants, l’enseignant note que la classe inversée habitue les étudiants à la logique de la formation tout au long de la vie. Il note cependant que pour le concepteur de la classe inversée il est important de structurer les parcours, de poser des jalons temporels pour aider les étudiants à organiser leur travail. L’enseignant se réfère à sa propre expérience d’apprenant d’un cours à distance donné par le MIT : il lui fallait 5 heures de travail par semaine pour suivre ce cours destiné aux débutants, alors qu’il est un professionnel reconnu de son domaine. Il n’est donc pas évident, même pour un professionnel d’organiser son temps d’apprentissage.
Sur les résultats bruts, il note plus de questions des étudiants qu’avant, mais pas vraiment de retour des étudiants, pas de variation significative. Il note surtout un suivi plus efficace : au lieu d’évaluer le travail de 100 heures sur 2 examens sur table, le suivi est devenu hebdomadaire moyennant l’automatisation d’une partie de l’évaluation par les QCM.

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